Antoine Arnoult
Spécialisé dans les troubles émotionnels et relationnels vers la création d'une vie pleine de sens
 

Antoine Arnoult, coach et hypnothérapeute, spécialisé dans les addictions et troubles émotionnels

Antoine Arnoult - Hypnothérapie et coaching - Addiction à l'alcool

ALCOOLISME : UNE ADDICTION SOURNOISE

Pourquoi sournoise ? Parce qu'elle est plus ancrée dans les mœurs de la société et donc on la justifie plus facilement. Et pourtant... l'alcool reste la drogue qui cause le plus dégât chez ses consommateurs et leur entourage, devant l'héroïne et le crack. Paradoxal que cette substance soit en vente libre ? Quoi qu'il en soit, il est important de connaître son adversaire si l'on souhaite l'affronter.

POURQUOI BOIS-T-ON ?

Une addiction est quasi systématiquement maintenue parce qu'elle entretient un ou plusieurs bénéfices chez le consommateur. Bien identifier ce qui continue de motiver cette consommation permet de mieux cerner la manière dont nous sommes pris au piège dans cette habitude aux effets néfastes, à long terme. Les raisons peuvent être aussi diverses que variées, mais en voici quelques-unes qui reviennent souvent : 

 

  • Le côté festif et social : on boit pour se joindre groupe qui aime s'amuser et "faire la fête" - avec l'idée sous-jacente que c'est la seule manière de le faire - ou alors pour éviter de passer pour le "rabat-joie" de service, comme l'a illustré la réplique spontanée (et pourtant innocente) de Léa Salamé à Arthus, quand il lui a partagé sa décision d'arrêter de boire : "Vous êtes devenu chiant !"
     
  • Trouver le sommeil, se détendre et / ou arrêter de penser : quand vient la fin de la journée, on ne sait pas forcément comment évacuer le flot de pensées qui peut nous envahir et nous empêcher de nous détendre, de faire une pause mentale. L'alcool agit alors comme un inhibiteur qui nous permet, seulement momentanément, de faire cette coupure.
     
  • Soulager ses tensions, ses émotions ou ses douleurs : certain.e.s utilisent l'alcool pour calmer une sensation intense qui s'exprime dans leur tête ou dans leur corps : un deuil mal / non-vécu, une douleur chronique, une tension qui ne veut pas partir. Une fois encore, c'est une solution momentanée et superficielle, qui aura tendance à aggraver la situation progressivement si on ne va pas à la source de cette sensation inconfortable, désagréable ou source de souffrance.
     
  • Éviter l'ennui : lorsque vient un moment creux, parfois difficile à accueillir parce qu'on a l'habitude d'être occupé.e, le fait de boire permet d'éviter cette émotion mal comprise et généralement inconfortable. Peut-être parce que le repos ou l'inactivité était mal vu dans notre environnement de jeunesse, de la culpabilité peut surgir dans les moments où l'on prend une pause. 
     
  • S'affirmer, retrouver une forme de liberté d'être : avec l'alcool, on peut avoir l'impression de retrouver une certaine forme de capacité à s'assumer, à écouter ses envies, à moins s'inquiéter du regard des autres. Là encore, l'alcool permet d'inhiber, cette fois-ci certaines peurs, mais seulement de manière temporaire.
     
  • Supporter une situation difficile : comme toutes les autres addictions, l'alcool peut faire office de béquille émotionnelle. Et ce n'est pas seulement vrai dans la réalité. La fiction, elle aussi, met en avant ce réflexe empoisonné. Avez-vous remarqué à quel point l'alcool intervient dans les films lorsqu'un des personnages se retrouve face à une situation douloureuse, compliquée ou conflictuelle ? Tous ces super-héros des temps modernes dont le coude se muscle dès que la situation se corse... Lucifer Morningstar, James Bond, John McClane (Piège de Cristal), Martin Riggs (L'arme fatale), Sherlock Holmes (interprété par Benedict Cumberbatch), etc.

LES MÉCANISMES DE L’ADDICTION À L'ALCOOL

L'addiction à l'alcool est un phénomène complexe qui implique plusieurs mécanismes biologiques, psychologiques et sociaux. Voici une explication détaillée :

 

Les mécanismes biologiques

  • Action sur les neurotransmetteurs 
    - L'alcool agit sur le système nerveux central en modifiant la libération de neurotransmetteurs comme la dopamine, le GABA et le glutamate.

    - La dopamine, associée au plaisir et à la récompense, est libérée en grande quantité lors de la consommation d'alcool, ce qui crée une sensation éphémère de bien-être.

    - Le GABA, un neurotransmetteur inhibiteur, est stimulé par l'alcool, ce qui entraîne temporairement une relaxation et une diminution de l'anxiété.

    - Le glutamate, un neurotransmetteur excitateur, est inhibé par l'alcool, ce qui perturbe la communication entre les cellules nerveuses et affecte la coordination et la mémoire.

  • Tolérance et dépendance
    - La consommation régulière d'alcool entraîne une tolérance, ce qui signifie que le corps s'habitue à la substance et nécessite des doses plus élevées pour ressentir les mêmes effets.

    - La dépendance physique se développe lorsque le corps s'adapte à la présence constante d'alcool et que l'arrêt de la consommation provoque des symptômes de sevrage.
     
  • Circuit de la récompense
    - L'alcool stimule le circuit de la récompense dans le cerveau, renforçant ainsi le comportement de consommation.

    - Avec le temps, le cerveau devient de plus en plus sensible à l'alcool et plus insensible aux autres sources de plaisir, ce qui contribue à la compulsion de consommer.


Les mécanismes psychologiques

  • Renforcement positif et négatif :
    - Le renforcement positif se produit lorsque la consommation d'alcool procure du plaisir ou soulage le stress, ce qui encourage la répétition du comportement.

    - Le renforcement négatif se produit lorsque la consommation d'alcool soulage les symptômes de sevrage ou les émotions négatives, ce qui renforce également le comportement.
     
  • Facteurs émotionnels
    - L'alcool peut être utilisé comme une stratégie d'adaptation pour faire face à des émotions difficiles comme l'anxiété, la dépression ou le traumatisme.

    - Les personnes souffrant de troubles mentaux sont plus susceptibles de développer une dépendance à l'alcool.
     
  • Conditionnement :
    - Les associations répétées entre l'alcool et des situations, des personnes ou des émotions spécifiques peuvent déclencher une envie de consommer.


Les mécanismes sociaux

  • Influence sociale : La pression des pairs, les normes culturelles et l'exposition à la consommation d'alcool dans l'environnement social peuvent influencer le développement de l'addiction.
     
  • Facteurs environnementaux : L'accès facile à l'alcool, le stress lié au travail ou à la famille et les difficultés financières peuvent contribuer à la consommation excessive d'alcool.

 

L'addiction à l'alcool est une maladie complexe qui résulte de l'interaction de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. La consommation régulière d'alcool modifie le fonctionnement du cerveau, entraînant une tolérance, une dépendance et une compulsion à consommer. Les facteurs psychologiques et sociaux peuvent renforcer le comportement de consommation et rendre difficile l'arrêt.

LES CONSÉQUENCES DE LA CONSOMMATION D'ALCOOL

L'addiction à l'alcool entraîne une cascade de conséquences néfastes, affectant la santé physique, mentale et sociale. Voici un aperçu détaillé :
 

Conséquences physiques

  • Système digestif

    Cirrhose : destruction progressive du foie, pouvant entraîner une insuffisance hépatique et la mort.

    Pancréatite : inflammation du pancréas, provoquant des douleurs abdominales intenses et des complications graves.

    Gastrite et ulcères : inflammation et lésions de la muqueuse de l'estomac.

    Cancers : augmentation du risque de cancers de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, du foie, du côlon et du rectum.
     
  • Système cardiovasculaire

    Hypertension artérielle : augmentation du risque de maladies cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC).

    Cardiomyopathie alcoolique : affaiblissement du muscle cardiaque, entraînant une insuffisance cardiaque.

    Troubles du rythme cardiaque : arythmies, pouvant provoquer des palpitations et des étourdissements.
     
  • Système nerveux

    Neuropathie alcoolique : lésions des nerfs, provoquant des douleurs, des engourdissements et des faiblesses dans les extrémités.

    Troubles cognitifs : altération de la mémoire, de la concentration et des fonctions exécutives.

    Syndrome de Korsakoff : trouble neurologique grave, caractérisé par des pertes de mémoire et des difficultés d'apprentissage.

    Épilepsie : augmentation du risque de crises d'épilepsie.
     
  • Autres conséquences

    Affaiblissement du système immunitaire : augmentation de la susceptibilité aux infections.

    Ostéoporose : fragilisation des os, augmentant le risque de fractures.

    - Troubles sexuels : impuissance chez les hommes, troubles menstruels chez les femmes

Conséquences psychologiques

  • Troubles de l'humeur :

    Dépression : l'alcool peut aggraver les symptômes de la dépression ou en déclencher de nouveaux.

    Anxiété : l'alcool peut soulager temporairement l'anxiété, mais il l'aggrave à long terme.

    Irritabilité et agressivité : l'alcool peut rendre les personnes plus impulsives et agressives.

     
  • Troubles du sommeil → Insomnie et cauchemars : l'alcool peut perturber le sommeil, entraînant des difficultés à s'endormir et à rester endormi.
     
  • Dépendance psychologique

    - Besoin compulsif de consommer de l'alcool, même en cas de conséquences négatives et donc difficultés à réguler sa consommation.

    - Symptômes de sevrage psychologique : anxiété, irritabilité, troubles du sommeil.


Conséquences sociales

  • Problèmes relationnels

    Tensions et conflits familiaux : l'alcool peut provoquer des disputes et des violences domestiques.

    Isolement social : les personnes dépendantes de l'alcool peuvent s'éloigner de leurs amis et de leur famille.

    Dégradation des cercles amical, amoureux et familial

     
  • Problèmes professionnels

    Absentéisme et baisse de productivité : l'alcool peut entraîner des difficultés à se concentrer et à accomplir ses tâches.

    Perte d'emploi : la consommation excessive d'alcool peut entraîner des problèmes de comportement et des erreurs professionnelles.

     
  • Problèmes financiers : dépenses excessives en alcool ; perte de revenus due à des problèmes professionnels.
     
  • Problèmes juridiques : conduite en état d'ivresse ;violences et délits liés à l'alcool.
     

Il est important de noter que les conséquences de la dépendance à l'alcool peuvent varier en fonction de la quantité et de la fréquence de la consommation, ainsi que de la vulnérabilité individuelle.

La bonne nouvelle, c'est que ces effets peuvent être progressivement inversés : retrouver en grande partie ses capacités physiques, mentales et émotionnelles quand on pensait les avoir perdues et un vrai bonheur (et soulagement !). Mais bien entendu, plus on tarde, plus le chemin pour les retrouver est long.

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